Le directeur technique national (Dtn) de la lutte sénégalaise, Abdou Badji, a confié à l’Aps que la discipline dont il est le patron technique peut valablement ‘’revendiquer la place de numéro 1 au Sénégal’’ au vu de son impact dans le vécu des populations. M. Badji, a également qualifié de ‘’révolution mentale’’ les changements intervenus dans le monde de la lutte sénégalaise ces dernières années quelques heures avant le combat Bombardier/Tyson.
‘’Nous pouvons valablement revendiquer la place de numéro 1 au vu de notre impact sur le vécu quotidien des populations’’, a estimé Abdou Badji en marge du grand combat de lutte avec frappe entre Serigne Dia Bombardier et Mohamed Ndao Tyson au stade Léopold Sédar Senghor. Selon le Dtn du Comité national de gestion de lutte ‘’le choix du stade Lss est suffisant pour démontrer le nouveau statut atteint par la lutte’’. ‘’Quelle discipline sportive nationale peut déplacer ses manifestations dans cette immense enceinte. Même le football qui y vient, ne compte que sur l’équipe nationale composée de pros pour le remplir’’, a-t-il dit, rappelant que ‘’pour le meeting international d’athlétisme, l’entrée est libre et gratuite’’. ‘’Mais en dépit de la gratuité de l’entrée, les organisateurs sont obligés de faire appel à de grandes vedettes de la chanson sénégalaise pour faire venir du monde’’, a-t-il indiqué. La place de numéro 1 est vérifiable avec la ruée des sponsors dans la lutte, poursuit-il, soulignant qu’aujourd’hui ‘’certains promoteurs refusent même des annonceurs pour continuer de
vailler avec ceux qui leur ont fait confiance depuis le début’’. Il a évoqué la guerre ‘’des deux sociétés de téléphonie mobile pour s’arracher les grandes affiches’’. Abdou Badji souligne que ‘’même les petites affiches mettant aux prises des lutteurs de seconde zone remplissent facilement les stades. C’était le cas lors du gala de Gaston Mbengue en décembre dernier où on avait refusé du monde’’. Et plus que la place de numéro 1, la lutte sénégalaise doit pouvoir revendiquer la place de locomotive du sport sénégalais pour amener ‘’les jeunes sénégalais à investir le créneau du sport pour leur promotion sociale’’,a dit Abdou Badji. ‘’La lutte a montré la voie en réussissant à faire venir le privé en masse. Cette voie est celle que doivent emprunter les autres sports’’, a-t-il ajouté, relevant que ‘’cette réussite au niveau de la lutte a une première incidence au niveau des instituts de formation de l’Inseps et du Cneps’’. Abdou Badji, qui enseigne dans ces deux structures, souligne que ‘’les optionnaires de la lutte dans les sports individuels sont devenus majoritaires parmi les étudiants. Et cela est lié à la forte médiatisation et de la nouvelle place qu’occupe cette discipline au Sénégal’’. Toutefois, il reconnaît qu’en terme de licenciés, le football, le basket viennent largement devant, même si on ne peut résumer les pratiquants de lutte aux seuls d
étenteurs d’une licence. Pour s’en convaincre, il demande de poser la question aux responsables des médias sur l’influence de la lutte sur leurs produits. ‘’Nous sommes l’une des rares disciplines sportives à disposer de temps d’antenne au niveau de l’audiovisuel et d’un quotidien d’informations qui, dès 10h, reste introuvable dans les kiosques’’, s’est-il réjoui.
Une révolution mentale a envahi la lutte
Abdou Badji, a également qualifié de ‘’révolution mentale’’ les changements intervenus dans le monde de la lutte sénégalaise ces dernières années. ‘’Le premier changement palpable est visible au niveau du public s’intéressant à la lutte. Si au début, il était exclusivement constitué de personnes âgées de 40 ans et plus, actuellement, il y a un important rajeunissement’’, a souligné le Dtn. M. Badji a rappelé qu’autrefois, ‘’les jeunes qui suivaient la lutte, étaient pour la plupart des ruraux ou en provenance des zones rurales, mais actuellement, la lutte est devenue une affaire juvénile, moderne et urbaine’’. Plus que les amateurs de lutte, c’est au niveau des lutteurs que ‘’la révolution est la plus palpable’’, a souligné Abdou Badji est qui par ailleurs enseignant au (Cneps) de Thiès et à l’Inseps de Dakar. ‘’Dans un passé récent, le lutteur n’accepterait jamais de se faire disqualifier par poings ou par défaut de lutter’’, a-t-il dit, relevant les nombreux incidents notés dans la lutte avec frappe quand les arbitres essayaient de passer la main sur les corps des lutteurs pour voir s’ils ne s’étaient pas enduits de produits gluants. ‘’Mieux, le contraire serait de voir aujourd’hui un lutteur le refuser’’, a-t-il dit dans un sourire assis avec quelques membres de son staff qui venaient de finir de jeter un dernier coup d’œil sur l’enceinte devant abriter le grand combat. L’arrivée massive des sponsors a porté ses fruits puisque les anciens lutteurs ont accepté de s’investir dans les écoles de lutte. Balla Gaye, Manga II, Mbaye Guèye, Birahim Guèye, ont tous accepté de créer leurs propres structures qui ont déjà commencé à sortir les champions, a ajouté l’enseignant nommé Dtn depuis 1994. Mais le changement de mentalité le plus palpable a été celui de Hyacinthe Ndiaye dit Manga II qui est devenu promoteur, entraîneur de lutte mais aussi conseiller du Cng, a ajouté Abdou Badji, soulignant que Manga II ‘’a accepté de venir faire un stage de premier degré du 17 au 31 juillet dernier au Cneps’’. Le changement de mentalité a permis une meilleure compréhension des règles d’arbitrage et ‘’vous voyez des lutteurs bâtir toute leur stratégie en fonction des lois en vigueur’’. ‘’Mieux, nous avons noté depuis quelques années, une ruée des lutteurs vers les équipes nationales de lutte traditionnelle et olympique’’, a-t-il dit, ajoutant que ‘’cela n’était pas évident dans un passé pas très lointain’’. Des managers de lutte, des pères de famille et autres n’hésitaient pas à prendre leur téléphone pour appeler la Dtn, ajoute Abdou Badji, estimant que ‘’ces derniers ont compris que c’est un investissement à moyen et long terme’’. ‘’Les lutteurs ont remarqué que leurs congénères qui revenaient de compétitions internationales voyaient leur valeur marchande monter en flèche’’, signale le Dtn, donnant les exemples de Malamine Ndiaye, Auguste de Mbour et Youssou Ndour, le lieutenant de Yekini au niveau de l’écurie Ndakaru. Et la révolution n’est même pas prête de s’arrêter, estime le Dtn, reconnaissant ‘’la part prépondérante jouée par les sponsors dans cet état d’esprit’’.
EN BREF
TOURNOI
La Douane remporte le gala des Africains
L’As Douanes, championne du Sénégal en titre, a remporté samedi la finale du gala des africains, organisé par la Fédération sénégalaise de football (Fsf), grâce à sa victoire (1-0) sur l’Us Ouakam, au stade Léopold Sédar Senghor. L’unique but de la partie a été marqué par Nicolas Ndione à la 9e minute de jeu. En match de classement, le Diaraf de Dakar a battu l’équipe de l’Us Gorée aux tirs au but, 4 à 3. A la fin du temps réglementaire les deux équipes étaient à égalité 0-0. Ces deux équipes ont été éliminées par les deux finalistes vendredi en demi-finales. Ce tournoi organisé par la Fsf devrait permettre aux quatre équipes représentant le Sénégal en compétitions africaines d’avoir des matches dans les jambes, le championnat n’ayant pas encore commencé. La Douane et le Diaraf joueront en ligue africaine des champions tandis que l’Us Ouakam et l’Us Gorée représenteront le football sénégalais en coupe de la Confédération africaine de football (Caf).
INFRASTRUCTURE Le gouvernement construira une arène nationale
Le Premier ministre Macky Sall a annoncé hier, dimanche à Dakar que le président de la République, Abdoulaye Wade, a décidé de construire une arène nationale de lutte et réhabiliter plusieurs arènes à l’intérieur du pays. « Ces travaux seront réalisés avec l’aide la coopération chinoise », a précisé Macky Sall qui conduisait une délégation lors du combat de lutte qui a opposé Mohamed Ndao dit Tyson à Serigne Dia Bombardier. ‘’Les plans sont réalisés et les études sont terminées’’, a souligné le chef du gouvernement sur antennes de la Télévision nationale. Macky Sall a en outre indiqué que les lutteurs vont ainsi disposer d’une arène nationale à temps plein, rappelant que la lutte est un ‘’label sénégalais’’. Une délégation représentant le chef de l’Etat gambien, Yahya Jammeh, a également assisté au combat de lutte qui s’est tenu au stade Léopold Sédar Senghor devant 50.000
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