Extrait 2
(…) Mais à partir de 2002, les choses se sont compliquées, la presse s’est montrée notamment beaucoup plus critique à votre égard. Y a-t-il un moment où vous avez senti que cela devenait plus difficile ?
« Heureusement, vis-à-vis des paysans, des masses rurales, j’étais encore en état de grâce… C’est un paradoxe, mais c’est comme ça. Mais lorsque j’ai vu que la presse qui m’avait accompagné et soutenu pendant la campagne électorale de 2000 a commencé à se retourner contre moi, à partir effectivement de 2002-2003, je n’ai pas compris ce qui se passait. J’ai trouvé que ces attaques étaient très injustes. Pour un oui, pour un non, elles fusaient de partout avec une rare violence, contre moi, contre ma famille… Des personnes bien intentionnées sont venues m’expliquer qu’il y avait eu une incompréhension entre la presse et moi.
Comment expliquer que ceux qui avaient une part certaine dans la victoire de l’alternance et de la démocratie aient pu, aussi facilement, se positionner en adversaires en face de moi ? En y réfléchissant, je me suis aperçu qu’une sérieuse erreur d’appréciation a dû être commise, par excès de générosité. En effet, dans la gestion des libertés, certains de mes compatriotes ont mis totalement de côté les volets responsabilité, sens de l’équilibre et de la mesure. Peut-être, en voulant aller trop vite, ai-je contribué involontairement à créer une telle situation ?
Je peux même aller plus loin pour admettre sans ambages que j’ai commis une erreur : c’est d’avoir, par la Constitution,
au point que, tout citoyen qui veut créer un journal, peut le faire sans autorisation. Du régime de l’autorisation, on est passé de façon abrupte et sans transition à celui de simple déclaration. Je n’avais pas pris le soin d’insister sur les qualités professionnelles et morales requises, sur la nécessité d’avoir des diplômes et une formation pour exercer le métier de journaliste. Résultat final, il y a trop de journaux, écrits dans un français approximatif, qui ne vivent que de gros titres souvent commandités. On voit apparaître des financiers qui créent des journaux pour s’en servir comme moyen de pression, la qualité de « patron de presse » ne nécessitant aucune compétence professionnelle particulière. Au total, notre réforme, trop libérale, ne profitait pas aux vrais journalistes, ceux pour lesquels j’avais la plus grande admiration, pour les avoir vus suivre ma campagne de jour comme de nuit dans des conditions très dures. C’est pourquoi nous avons annoncé une nouvelle réforme disant que le journalisme ne pouvait pas être le seul métier que l’on embrasse sans aucune exigence d’aptitude professionnelle, avec le dessein préconçu de régler des comptes (…).
Un professionnel de la communication me disait un jour : « Avant, au Sénégal, quand on voulait faire de la politique dans l’opposition, on créait un parti, même sans représentativité réelle, et on tirait à boulets rouges sur le régime ; aujourd’hui, pour éviter d’entretenir un appareil politique et des militants, on crée un journal d
it d’information, avec un ou deux professionnels, et embouche la trompette de l’opposition systématique contre le président, ses proches et ses collaborateurs. Et de la sorte, on se fait connaître. » (…)
En fait, je me suis rendu compte rapidement qu’en augmentant le budget de la presse, je ne finançais pas la presse et les journalistes, mais plutôt certains patrons de presse qui conservaient l’argent par-devers eux, sans rien donner aux journalistes. Donc quand j’ai constaté que les dérives continuaient, j’ai simplement décidé d’affecter les 300 millions à quelque chose qui serait également utile à tous au lieu de profiter à quelques-uns. C’est ainsi que j’ai pris la décision de construire une maison de la presse moderne et équipée pour les journalistes, avec des ordinateurs, des fax, Internet, et même quelques studios pour loger les invités de passage. L’appel d’offres sur la conception architecturale et le cahier des charges a été lancé, et l’architecte choisi.
Aujourd’hui, l’insuffisance de professionnels formés et armés d’une forte éthique contre les tentations du journalisme alimentaire fait que, dans certains journaux, vous remettez 20 000 francs Cfa (30 euros) à un journaliste et vous avez le titre que vous voulez à la une. Nous en sommes là, à cette déviance totale, véritable menace pour notre pays qui est en quête permanente de liberté, de démocratie et de respect de la dignité des citoyens. (…)
La plupart des gens qui vendent sciemment des fausses nouvelles ou des injures ne sont pas de vrais journalistes. Ils n’ont jamais fait d’études pour cela et ne sont sortis d’aucune école professionnelle. Prenez un individu qui n’a qu’un vague brevet d’enseignement général et trouve une place dans un journal. La première chose qu’il fait, c’est attaquer violemment le Président, se payant par la même une tranche de célébrité. C’est un jeu qui est très tentant, surtout quand il n’y a pas de risque réel. (…)
Dans certains pays, les radios sont limités en matière d’informations politiques, alors qu’au Sénégal, chaque radio peut créer une quelconque tribune politique et ouvrir son micro à n’importe qui, même quelqu’un qui profère des injures contre des personnalités politiques ou de paisibles citoyens.
C’est évidemment trop tard pour leur ôter ce droit ; il faut donc légiférer, mettre des garde-fous, pour que n’importe qui ne puisse sentir autorisé à attenter aux droits et libertés des autres et à leur honorabilité. Je me suis renseigné : dans certains pays, la question est réglée par des amendes très fortes, de 200 000 à 300 000 dollars en cas de diffamation. J’ai donc exposé au ministre de la Communication les grandes lignes de ma conception, afin qu’il en discute avec les journalistes qui, eux, m’ont déjà présenté un mémorandum. A noter que, contrairement à ce qui se dit, ils ne demandent pas vraiment la dépénalisation totale mais le remplacement des peines de prison par des amendes légères. Nous sommes en train de discuter. (…) »
Source : lequotidien
PARUTION - L’immolation de la petite-fille du Président Wade... : Mame Marie FAYE raconte les crimes, trahisons et la fin du régime libéral
Source :lequotidien.sn
Alors que le Président Wade a fini de célébrer, en grande pompe et « à grands frais, la sortie de son autobiographie à Paris, le 14 mai, les Editions l’Harmattan » font paraître aujourd’hui à Paris un ouvrage de Mame Marie Faye, « qui met en cause la responsabilité du chef de l’Etat dans ce qui est considéré comme le meurtre de sa petite-fille », Penda Kébé, qui s’était immolée au feu en Italie. « Ceci pour déconstruire l’image d’un homme qui cherche à falsifier son identité au profit d’une (...)
Gilles Delafon : ‘’l’objectif du livre, c’était d’amener Wade à dire sa vérité sur des questions brûlantes’’
Paris, 15 mai (APS) - Continuateur de l’ouvrage ‘’Une vie pour l’Afrique’’ commencé par Jean Marc Kalflèche, Gilles Delafon est conscient de toutes les interprétations que les lecteurs peuvent faire de cette initiative de s’associer à l’écriture d’un livre pour un président en exercice.
Dans cet entretien avec l’envoyé spécial de l’APS à Paris, il a affirmé que l’expérience lui a été ’’très bénéfique’’ avec l’opportunité qui lui était ainsi donnée de recueillir le point de vue du président Abdoulaye Wade sur (...)
AUTOBIOGRAPHIE DE WADE Une vie pour l’Afrique : Un long parcours de contradictions. Wade et Talla Sylla. « J’ai payé les études de Talla Sylla à Grenoble et ses dettes à Londres. ». NDLR :L’interessé a démenti sur xalima.com (voir podcast Talla Sylla).
NDLR :L’interessé a démenti sur xalima.com (voir podcast Talla Sylla).
Source :lequotidien.sn Extrait6
« (…) Comment réagissez-vous lorsqu’on dit que vous êtes derrière le tabassage à Dakar de l’opposant Talla Sylla ?
On dit toujours des choses sans pouvoir les prouver. M. Talla Sylla a pu être tabassé par des quidams. Avant d’aller plus loin, laissez-moi vous dire qu’il est venu me voir récemment et que nous avons parlé de choses et d’autres, en toute décontraction. Figurez-vous qu’il m’a dit : « M. Le (...)
AUTOBIOGRAPHIE DE WADE - Une vie pour l’Afrique : Un long parcours de contradictions . Naufrage du joola : « c’est de la malchance parce que le véritable responsable est le ps ; »
Extrait3
Source : lequotidien
Mais pour certains Sénégalais, le tournant de votre Présidence semble avoir été le drame du Joola (…) La gestion gouvernementale de cette catastrophe n’a-t-elle pas contribué à mettre fin à l’état de grâce ?
Pas du tout. La question du Joola c’est d’abord de la malchance, parce que le véritable responsable du naufrage est le régime précédent. Depuis 1997, il permettait la surcharge de ce bateau. Malheureusement, l’accident est arrivé pendant que j’étais au pouvoir. Mais je (...)
AUTOBIOGRAPHIE DE WADE - Une vie pour l’Afrique : Un long parcours de contradictions. Wade, pouvoir et réalisations : « , je ne suis pas autoritaire mais j’ai de l’autorité j’ai amélioré le niveau de vie des sénègalais »
. Extrait4
Source : lequotidien.
« (…) Vous avez démocratisé leur (les Sénégalais) vie politique, mais avez-vous suffisamment amélioré leur niveau de vie ?
Oui, j’ai amélioré leur niveau de vie ! Pour preuve, en 2005, pour la première fois de l’histoire du Sénégal indépendant, nous avons maintenu pendant deux années successives un taux de croissance économique supérieur à 6%. Tout cela avec une remarquable tenue des finances publiques, dans un environnement international particulièrement défavorable en raison (...)
AUTOBIOGRAPHIE DE WADE - Une vie pour l’Afrique : Un long parcours de contradictions. Relations avec la presse : « j’ai commis une erreur d’ avoir libéralisé la presse ».
Extrait 2
(…) Mais à partir de 2002, les choses se sont compliquées, la presse s’est montrée notamment beaucoup plus critique à votre égard. Y a-t-il un moment où vous avez senti que cela devenait plus difficile ?
« Heureusement, vis-à-vis des paysans, des masses rurales, j’étais encore en état de grâce… C’est un paradoxe, mais c’est comme ça. Mais lorsque j’ai vu que la presse qui m’avait accompagné et soutenu pendant la campagne électorale de 2000 a commencé à se retourner contre moi, à partir effectivement (...)
AUTOBIOGRAPHIE DE WADE Une vie pour l’Afrique : Un long parcours de contradictions. : « Senghor et moi, tout en étant adversaires, parlions le même langage, tandis qu’entre Diouf et moi, la distance était grande »
Extrait 1
L’OPPOSANT WADE FACE AU REGIME DE DIOUF
« Trois mois après son accession au pouvoir, soit en 1981, son Premier ministre entreprit de modifier le Code électoral sénégalais. Le nouveau, qui fut adopté au mois de juin, supprimait de fait les garanties que nous avions obtenues à l’époque de Senghor. Il n’y avait désormais plus d’assesseurs dans les bureaux de vote : les trois membres, président, assesseur et secrétaire, seraient tous nommés par le préfet, qui les choisirait sur une liste établie (...)
AUTOBIOGRAPHIE DE WADE Une vie pour l’Afrique : Un long parcours de contradictions. Wade, relations et familles : « Si toutes les familles de cadres de notre pays le père, la mère et les enfants travaillaient comme ma famille, le Sénégal aurait vite changé ».
Source :lequotidien.sn
Extrait 5.
Mais dans mon appréciation des hommes, je me suis souvent trompé.
Ah oui ? Pourquoi ?
Parce que, a priori, je ne peux pas comprendre que quelqu’un soit méchant ; c’est contraire à ma philosophie. Je sais que cela pourrait traduire une certaine naïveté de ma part (…) Je me suis disputé plusieurs fois avec ma femme, après le départ d’un visiteur, quand elle portait sur lui une mauvaise appréciation ou me demandait de m’en méfier. Je lui reprochais alors d’être pleine de (...)