Chose promise, chose faite. Farba Senghor peut se glorifier d’avoir respecté sa parole ou tout au moins de l’avoir fait respectée. Il avait menacé de sévir, il y’a eu sévices. A walfTV, la télé où il a eu le pouvoir de faire écarter un animateur après l’avoir menacé, ce lundi 18 août 2008, il se défend d’être le commanditaire de l’attaque contre les locaux de l’AS et du journal 24 heures chrono, mais déclare que les journalistes n’ont eu que ce qu’ils méritent. Le forfait est signé sous le sceau du banditisme d’Etat. C’est une voiture de l’administration qui a été utilisée au vu et au su des victimes. Ils n’ont pas besoin de se cacher et ils ont raison car, ils le savent, aucune suite judiciaire ne sera réservée à cette énième ignominie. Quand Vieux Sandjiri Diop, le garde du corps de l’ancien Premier Ministre Idrissa Seck avait déployé toute sa hargne pour appréhender deux des assaillants de la maison de son patron et les mettre entre les mains de la police, il ne savait certainement pas que les agresseurs allaient lui disputer la sortie du commissariat. Le fait qu’ils aient avoué leur crime et désigné leur commanditaire en l’occurrence, le ministre Farba Senghor n’y fera rien. Ils ont été tout bonnement libérés. L’impunité est un fait, au Sénégal pour les bébés monstres de la trempe de Farba Senghor. Ce dernier en est tellement conscient qu’il se donne le choix entre les différentes violences. Il rappelle dans un communiqué adressé à la presse et publié dans le Soleil du jeudi 14 Aout 2008 « qu’il n’y aucune
nce entre la violence verbale, la violence écrite et la violence physique ». Il a finalement opté pour l’agression physique et s’en défend grossièrement. Avec Wade, nous risquons de connaître toutes les dérives possibles et imaginables. Lui et sa bande se sont déjà inscrits dans la logique du je-m’en-foutisme paroxystique. Il n’est pas surprenant de voir des citoyens sénégalais, dans leurs discours ou leurs interventions, faire appel, chez nous, à la jurisprudence mauritanienne, en termes de prise du pouvoir. Nous vivons dans l’ère d’un coup d’Etat institutionnel permanent et d’une tyrannie qui ne font que nous enfoncer dans la posture d’un peuple pris en otage et malmené par un groupuscule. Les dérives ne se comptent plus, elles pullulent. Les institutions sont malmenées, la justice téléguidée, les terres confisquées, les zones maritimes et aéroportuaires vendues à tour de bras à des proches et partisans, le suffrage des sénégalais n’est plus réclamé pour la réformes des institutions et le report des mandats des élus…
La goutte d’eau qui fera déborder le vase nous l’attendons depuis longtemps, mais le vase suinte. Ce qui est subi en termes d’injustice n’est pas garder car nous trouvons toujours le moyen d’en faire l’affaire des autres. Les questions d’intérêt national sont toujours analysées sous l’angle privé et personnifié. Quand l’injustice s’abat sur un citoyen, c’est ce citoyen que cela concerne, en dehors de quelques proches. Ce comportement face à des prédateurs et des hors-la-loi met notre pays en danger et risque de nous inscrire dans un schéma où nous ne seront que des observa
teurs.
Lors du Magal de Darou-Mouhty, c’est Karim Wade qui était la vedette, d’après la presse. La raison : il aurait pris en charge l’approvisionnement en eau de la cité religieuse. C’est cela le Sénégal. Quand les citoyens souffrent des dérives de Wade, c’est l’argent du contribuable qui est utilisé pour décrocher des satisfécits.
A ce rythme, nous ne sommes pas encore sortis de l’auberge.
Fatou Diop fatouivon@yahoo.fr www.fatouivon.blog.com
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