‘Bombardier’ est-il la propriété de Luc Nicolaï. La question trouve sa partinence dans le fait que le promoteur semble manipuler à sa guise le champion de Mbour. Mais au-delà de cette donne, c’est la question du fonctionnement de l’arène qui mérite réflexion.
L’arène est devenue depuis des années une jungle, voire un terrain de ‘Maffiosi’, où la cupidité est devenue monnaie courante. Avec notamment la prolifération de promoteurs d’une nouvelle race. L’arène évolue avec une autre mentalité des affaires, eu égard à la bataille féroce que se mènent des promoteurs, par sponsors interposés. Mais aussi par des lutteurs, auxquels certains promoteurs semblent s’identifier, et qui font le jeu de ces derniers. Mohamed Ndao ‘Tyson’ a été longtemps assimilé à un partenaire de Action 2000. Et jusqu’ici, tous les faits corroborent cette donne. Par ailleurs, à entendre le promoteur Luc Nicolaï sur les ondes des radios et à travers les articles de la presse écrite, on a l’impression que le lutteur Serigne Dia ‘Bombardier’ est son actionnaire dans l’arène. Un lutteur qu’il manipule à sa guise. Sinon, on ne peut comprendre que Luc Nicolaï s’arroge le droit de lui faire une proposition d’un cachet de 110 millions. Et d’indiquer que ‘si je ne tombe par d’accord avec l’autre partie (‘Gris Bordeaux’ à qui il entend proposer un cachet compris entre 50 à 60 millions), je donnerais à Bombardier le vainqueur de Yékini/Balla Bèye N°2’ (sic). Ce qui nous amène à se poser des questions sur les relations entre promoteurs et lutteurs d’une part. Mais
aussi à s’interroger sur la liberté de ces derniers à prendre du recul avec leur entourage, de prendre des décisions, pour leurs intérêts, et pour la bonne marche de l’arène.
Entre Bombardier et Luc Nicolaï, qui sont tous les deux de la Petite-Côte, précisément habitants de Mbour, y a-t-il un contrat d’exclusivité qui les lie ? ‘Bombardier’ est-il la propriété de Luc Nicolaï ? Le lutteur de Mbour doit-il impérativement honorer la proposition de Luc Nicolaï ? Surtout que ce dernier s’est permis de limiter les ambitions financières du lutteur de Fass ‘Gris Bordeaux’, qui à l’heure actuelle, est bien coté à la bourse des valeurs marchandes, au même titre que ‘Bombardier’, pour ceux qui s’imprègnent de la marche de l’arène.
Faut-il rappeller à Luc Nicolaï qu’aussi bien ‘Bombardier’ que ‘Tyson’ étaient dans la même situation lorsqu’ils rencontraient Moustapha Guèye ? Aucun des deux n’avaient fait mieux que ‘Gris Bordeaux’, au niveau du palmarès et du parcours. C’est un concours de circonstances, et pour les besoins du financement d’une cause humanitaire qui les avait emmenés à ce niveau, pour rencontrer Moustapha Guèye. Ce dernier jouissait à l’époque d’un palmarès plus élogieux que ces deux lutteurs réunis. Et Balla Bèye N°2, après avoir séjourné en Italie pendant quelques temps, a demandé, à son retour, à rencontrer vaille que vaille Moustapha Guèye. En ce moment, tout le monde savait qu’il y allait par s
a fougue et sa témérité. Mais leur contact était dans l’ordre naturel des choses, pour la bonne marche de l’arène.
Ce sont là autant de faits constants et récents, fondant incontestablement les raisons qui font que le problème de palmarès et de rang, soulevé par Luc Nicolaï est un faux débat.
Choc inéluctable : Pourquoi ‘Bombardier’ doit faire face à ‘Gris Bordeaux’
La marche de l’arène recommande ‘i n é l u c t a b l e m e n t’ le choc entre ‘Bombardier’ et ‘Gris Bordeaux’. Surtout que ce dernier a le même âge qu’ils avaient eux trois lorsqu’ils affrontés son mentor, le nouveau Tigre de Fass, dans les mêmes circonstances. Au-delà de ‘Gris Bordeaux’, d’autres lutteurs comme Eumeu Sène de l’écurie Boul Falé, Khadim Ndiaye N°2 (Thiaroye), Saïbatou Boy dit ‘Thiék’ (Pikine), Issa Pouye (Thiaroye), Tapha Tine (Baol), Yékini Junior (Ndakarou), Djiby Sy dit ‘Tyson Junior’ (Pikine), Lac de Guiérs N°2 (Walo) et tant d’autres acteurs frappent à la porte de ceux qu’on appelle communément les ‘Ténors’.
Les férus de lutte ont encore en mémoire, le combat Balla Béye N°2 de l’écurie Al Pulhar et ‘Bombardier’, le 16 avril 2006 à Thiés. Aujourd’hui, tous les lutteus de la nouvelle génération se valent. ‘Gris Bordeaux’ est devenu ‘i n c o n t o u r n a b a b l e’, pour cette catégorie de lutteurs. Vouloir le confiner dans une forchette de prix, c’est fermer la porte aux négociations et faire une croix sur le combat qui devrait l’opposer à Balla Bèye N°2. La lutte que les promoteurs se mènent dans l’arène est devenue source de blocages de certaines affiches alléchantes, que les amateurs veulent voir.
Arrêtez ce cirque inélégant messieurs les promoteurs de lutte ! Vous êtes en train de dénaturer la fonction du promoteur qui consiste à faire émerger les jeunes talents en la matière. Aujourd’hui, il semble que seuls vos intérêts priment sur la bonne marche de l’arène, qui devrait dépasser ce stade, si vous regardiez un peu dans le rétroviseur. Vos démarches quotidiennent prouvent que c’est dans le manque d’éthique, l’adversité la plus sournoise, teintée d’hypocrisie et de méchanceté, que vous roulez dans l’arène.
Le combat entre ‘Gris Bordeaux’ et ‘Bombardier’ risque de passer à la trappe, comme ce fut le cas entre Balla Béye N°2 et le même ‘Gris Bordeaux’. Qu’est-ce qu’il faudra faire au sortir de ce cas de figure ? Bombardier aura-t-il les coudées franches pour répondre positivement aux propositions émanant d’autres promoteurs ? Il est constant que la lutte a fait des pas de géant et continuera dans cette lancée. Pour preuve la manne financière, injectée par le Sponsoring et la qualité des lutteurs qui font le spectacle.
Il appartient aux promoteurs de cesser cette ‘lutte’ mesquine et inopportune. L’illustration la plus parfaite est le montage du combat entre ‘Gris Bordeaux’ et ‘Bombardier’, présentement objet de convoitises entre Petit Mbaye de Action 2000 et Luc Nicolaï. Récemment encore le même Petit Mbaye et Gaston Mbengue se sont illustrés sur le cas Balla Gaye N°2. Il y a assez de place pour tout le monde et pour la bonne marche de l’arène. S’il y a un perdant dans cette lutte, à la limite fratricide, c’est forcément le lutteur, qui à l’heure actuelle, est le prinicipal bénéficiaire du bond qualitatif de la discipline.
Aujourd’hui, aucun promoteur de l’arène ne dépense seul son argent. Il ne travaille que sur la base d’une confiance mutuelle avec un Sponsor. Ce bailleur définit une ligne Marketing, concoctée pour une période détérminée, pour ensuite injecter les fonds nécessaires à la tenue d’un programme de lutte.
Spectacles dans l’arène : Les galas de lutte polarisent les énergies
Aujourd’hui, la préférence va aux galas de lutte. Une tendance due à l’émergence de lutteurs talentueux qui foisonnent au niveau des écuries et autres écoles de lutte, détenues par d’anciens acteurs de l’arène. Ce qui est en soi une bonne chose pour les pratiquants. Mais aussi pour la discipline, aujourd’hui prisée par les populations de tous les âges. C’est ce que les sponsors ont compris pour y mettre leurs sous, en lieu et place du football sénégalais qui devait en bénéficier au sortir de son épopée fantastique des Coupes du monde et d’Afrique en 2002.
‘C’est en moyenne plus de deux milliards de nos francs qui sont injectés par les sponsors, en terme d’objets publicitaires, de promotion à travers les médias, de prise en charge de la préparation des lutteurs, de la confection de billets à l’étranger, bref de frais d’organisation’, nous confiait l’année dernière, un responsable de Marketing d’une grande société qui injecte beaucoup d’argent dans l’arène pendant la saison de lutte. Ce qui permet de créer beaucoup d’emplois directs et indirects. Des milliers de personnes y trouvent leurs comptes.
Le Comité national de gestion (Cng) de lutte y trouve son compte même s’il encaisse une portion congrue de la manne financière injectée dans l’arène. Manne financière modique qui permet d’organiser les autres formes de lutte comme celles olympique et traditionnelle. Elles sont les parents pauvres dans le financement de la lutte. Notamment lors des tournois continentaux ou mondiaux. On gagnera à y investir pour leur fonctionnement mais aussi pour l’achat de matériels et la